Notice

Auteur(s) Pierre-Alain DONZÉ
Date de publication2018
Titre complet de la publicationSeynod (74), Lotissement le Grand Pré II, Rue des Sports
Type de publicationRapport
ÉditeurÉveha
Nombre de volumes2
Langue du documentfrançais
RésuméUn projet de lotissement de la société Indivision Gantelet et les résultats positifs d'un diagnostic réalisé au mois de février 2016 par Christophe Landry (Inrap) ont motivé la prescription d'une fouille archéologique à Seynod (74), au lieu-dit Le Grand Pré. La commune occupe un plateau dominant au sud-ouest l'agglomération d'Annecy et bordé à l'est par la montagne du Semnoz. L'emprise, investie à la fin de l'été 2016 sur une surface de 1 200 m2, est localisée sur une parcelle de prairie exploitée depuis au moins le XVIIIe siècle par les fermes alentour, à moins de 400 m en contrebas de l'église du chef-lieu historique de la commune, dont le vocable de Saint-Martin permet de soupçonner une fondation ancienne remontant aux premiers temps du Moyen Âge. De prime abord, le gisement qui fait l'objet de l'étude offre des possibilités d'interprétation limitées du fait notamment du peu de diversité des vestiges qu'il conserve (presque exclusivement des fosses d'implantation de poteau) et d'une extrême pauvreté en mobilier archéologique. Toutefois, son analyse livre des résultats encourageants. Dans un premier temps, l'opération de fouille préventive confirme, grâce à une nouvelle datation au radiocarbone, la présence déjà soupçonnée au diagnostic d'une structure isolée du Néolithique moyen (début du IVe millénaire avant notre ère). Il s'agit peut-être d'un foyer, en grande partie détruit par un trou de poteau médiéval. Ce vestige devient à cette heure le premier témoin in situ d'une occupation de l'intérieur des terres au nord du massif des Bauges, alors que la période est richement documentée par les stations lacustres identifiées le long de la rive occidentale du lac d'Annecy. Le site médiéval se compose de 41 fosses d'implantation de poteau et d'une aire empierrée de 40 m2. Le croisement de sept datations au radiocarbone (résultats de la fouille et du diagnostic confondus) avec les données de l'étude du mobilier céramique (effectuée à partir d'un petit lot de 11 tessons) permet de dater assez précisément l'occupation de la période carolingienne ( VIIIe - IXe siècles de notre ère), ce qui la rend par ailleurs contemporaine de la première mention dans les sources écrites du « domaine royal » de Seynod. L'analyse de ces vestiges conduit à l'identification privilégiée de trois bâtiments à ossature de bois dont l'organisation traduit un ensemble spatialement cohérent. L'un d'entre eux est assez sûrement interprété comme un édifice à plancher surélevé communément destiné au stockage de denrées agricoles (grenier). L'enjeu de l'étude réside dans l'interprétation des deux autres constructions, et notamment d'un grand bâtiment à deux nefs de plan quadrangulaire de 12,50 m par 11 m de côté. Par sa configuration et son isolement, le site semble intégrer la typologie des petits établissements ruraux (unités d'exploitation) réunissant dans un espace restreint le lieu d'un habitat et ses dépendances relatives aux activités agricoles ou artisanales. À l'échelle locale, il trouve des exemples comparables dans le site récemment mis au jour dans le même département à Yvoire (74), Au Sorbier, daté de la même période, ainsi que dans ceux un peu plus tardifs d'En Fleury, à Quintigny (39) et du Bivan, à l'Albenc (38). Toutefois, le gisement ne livre pas suffisamment d'indices pour étayer l'hypothèse d'une activité domestique sur place, et la possibilité que l'on ait affaire à un simple groupement de bâtiments d'exploitation agricole situé à distance d'un lieu d'habitat qui se trouverait de fait à l'extérieur des limites du projet reste envisageable. Étonnamment, la nature des vestiges mis au jour sur le site du Grand Pré à Seynod ainsi que leur configuration montrent beaucoup de points communs avec l'établissement rural carolingien récemment fouillé à Yvoire, sur le site d'Au Sorbier, à 55 km au nord sur la rive méridionale du lac Léman. Ces deux études sont issues des premières prescriptions de fouille préventive émises en Haute-Savoie sur des vestiges du premier Moyen Âge en contexte rural. Leur comparaison et le lot de réflexions qui en découleront ouvrent de façon prometteuse le champ des investigations en ce domaine dans le département, et alimenteront à plus grande échelle la recherche sur l'habitat rural alto-médiéval en région Rhône-Alpes, où la période carolingienne est encore assez mal documentée par l'archéologie. Pour finir, quelques structures associées à la volonté d'évacuer les eaux pluviales (notamment un réseau de drains et un probable puits perdu) témoignent de l'exploitation récente de la parcelle comme terrain agricole.
Mots-clés (sujet)Habitat rural, bâtiment agricole, structure agraire, foyer, fosse, Céramique, faune, mouture
Mots-clés (période)Néolithique moyen, haut Moyen Âge, Temps modernes et Époque contemporaine
Mots-clés (géographie)Auvergne – Rhône-Alpes, Haute-Savoie, Seynod

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Référence bibliographique

Donzé 2018 : DONZÉ (Pierre-Alain) dir. — Seynod (74), Lotissement le Grand Pré II, Rue des Sports. Rapport final d'opération archéologique, Service régional de l'Archéologie d'Auvergne – Rhône-Alpes. Limoges : Éveha, 2018. 2 vol.