Notice

Auteur(s) Stéphane GUYOT
Date de publication2016
Titre complet de la publicationChevreaux (Jura), les origines d'un château : la rampe d'accès de la haute cour, rapport final de la fouille programmée bisannuelle – chantier école de l'Université de Strasbourg
Type de publicationRapport
ÉditeurÉveha - SGInvestigations Archéologiques/UMR 7044
Nombre de volumes1
Page(s)131 p.
Langue du documentfrançais
RésuméL'intervention archéologique menée au château de Chevreaux (Jura) s'est déroulée sur deux années (2015‑2016). Elle a investi l'emprise méridionale de la chapelle, la rampe d'accès à la haute‑cour, effleurée par la consolidation de la courtine orientale de la basse‑cour en 2013. Cette fouille a été un chantier école de l'Université de Strasbourg avec plusieurs étudiants d'autres établissements français (Dijon et Paris) ainsi qu'étrangers (Espagne, Pologne et Canada-Québec). Les données recueillies sur la rampe d'accès bouleversent quelque peu l'organisation et le cheminement entre les deux cours du château. La stratification dense décelée révèle l'existence de seize niveaux successifs et superposés de circulation accompagnés d'aménagements maçonnés parfois importants. L'installation primitive est constatée par la construction des deux courtines et le nivellement de l'emprise (état I). Un sol en mortier de chaux recouvre assez vite la rampe qui est ouverte entre les deux cours (état II). Sa continuité prouve qu'aucune limite ne les sépare. Rapidement, un mur de clôture est édifié à la perpendiculaire des deux courtines (état III). Une première porte charretière limite dorénavant l'entrée de la haute‑cour, ce qui confère à cette nouvelle organisation un schéma plus académique. Il est donc mis en place dans un second temps, ce qui est atypique et inédit pour la Franche‑Comté. Il s'ensuit sept sols épandus dans les deux cours (état IIIb‑état IX). Gangué dans l'argile ou le mortier de chaux, le cailloutis en surface présente d'importantes traces d'usure qui témoignent des passages répétés. Le dernier des sols est accompagné par la construction de deux maçonneries longitudinales à la rampe. Elles sont implantées sur le flanc ouest, cantonnent les circulations et limitent une zone de rejet déjà en usage avant le mur de clôture. Une pièce de monnaie frappée dans l'année 1422 donne le terminus ante quem de ces travaux. Par la suite (état IX), la porte charretière dans le mur de clôture est remplacée par une autre au seuil plus élevé. Elle est maintenant en corrélation avec les rehaussements successifs des niveaux. Après un laps de temps inconnu, la courtine orientale de la haute‑cour est percée pour l'insertion d'une poterne. Cette installation est concomitante à la création d'un "sas" interne dans la rampe (état X). À une cote altimétrique inférieure, il coupe en partie la surface circulatoire de la rampe. La porte charretière est remplacée par une piétonnière (un autre accès charretier est probablement créé). À partir de la fin du XVe siècle (état XI), les bâtiments de la haute‑cour sont transformés ou construits. C'est le cas de la chapelle qui est implantée sur la rampe. Cette édification rend inopérante la rampe primitive. Elle engendre également la suppression du mur de clôture devenu obsolète. La configuration originelle de l'accès libre à la haute‑cour est donc de nouveau restituée. L'accès piétonnier semble néanmoins conservé. Le rôle et l'aménagement du "sas" sont renforcés par la mise en œuvre d'un escalier maçonné et de murs d'échiffre. L'accès à la poterne est donc conservé malgré toutes ces transformations. Le "sas" et la rampe piétonnière reçoivent trois nouveaux sols (état XIa‑état XIc). Le plus tardif appartient à la dernière activité de l'occupation du château. Il date du XVIIe siècle sans autre précision (état XII). Le niveau de destruction (1637) et de ruinification est cruellement absent de la zone, ce qui plaide pour une continuité d'activité et d'occupation du site. L'emprise de la fouille est par la suite recouverte par un niveau de pierraille assurément postérieur à l'occupation castrale. La fouille de Chevreaux montre une physionomie circulatoire inédite pour la région. La haute‑cour protégée sur tous les sites est ici ouverte sur la basse‑cour durant la période primitive (fin du XIIe‑XIIIe siècle) et le sera de nouveau à partir de la fin du XVe siècle jusqu'à l'abandon vers 1637. Cette libre circulation est étonnante pour un tel château, qui est placé en première ligne de défense. Quelles en sont les motivations ? Mise en place d'une porterie en aval ? Mise en défense de la rampe ? Ces seules questions restent en suspens sans la poursuite de l'étude de la rampe. La fouille programmée montre aussi pour la première fois les origines du château — ce qui était l'objectif — et l'évolution des circulations entre les deux cours. Les découvertes effectuées en 2016 sont en totale opposition avec les schémas traditionnels de construction et d'organisation non seulement des circulations mais aussi de l'affirmation du pouvoir.
Mots-clés (sujet)architecture castrale
Mots-clés (période)Époque médiévale, Époque moderne
Mots-clés (géographie)Franche-Comté, Jura, Chevreaux

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Référence bibliographique

Guyot 2016 : GUYOT (Stéphane) — Chevreaux (Jura), les origines d'un château : la rampe d'accès de la haute cour, rapport final de la fouille programmée bisannuelle – chantier école de l'Université de Strasbourg. Rapport de fouille archéologique programmée, Service Régional de l'Archéologie de Franche-Comté. Villette les Arbois : Éveha - SGInvestigations Archéologiques/UMR 7044, 2016.