Notice

Auteur(s) Stéphane GUYOT
Date de publication2016
Titre complet de la publicationL'architecture castrale. Deux édifices du Jura : Chaux-des-Crotenay, front d'entrée du château Champ-des-Mottes, et Vescles, la courtine et la tour ouverte ouest de la basse-cour du château d'Oliferne
Type de publicationRapport
ÉditeurÉveha
Langue du documentfrançais
RésuméLes interventions archéologiques menées au château Champ‑des‑Mottes à Chaux‑des‑Crotenay (Jura) et au château d'Oliferne sur la commune de Vescles (Jura) se sont déroulées sur un unique secteur pour chacune d'elles. La fouille de Champ‑des‑Mottes a porté sur le front d'entrée de la haute‑cour primitive, inscrite dans la continuité des fouilles 2015. Pour le second site, les travaux ont nécessité la reprise des consolidations de l'enceinte ouest. La tour et la courtine occidentales ont donc, au préalable, fait l'objet d'une investigation archéologique. Chaux‑des‑Crotenay, château Champ‑des‑Mottes : Les fouilles 2016 ont mis au jour la moitié nord du front d'entrée de la haute‑cour. Ce front d'entrée est constitué de deux maçonneries : le mur au ras du fossé mesure ±0,95 m de large et le second mur mesure ±2,40 m au sud et ±1,67 m au nord. Entre ces deux murs, une chambre de tir longiligne prend place. Elle mesure de ±1,68 m à ±2,02 m de large pour ±14 m de long. Le front d'entrée du château atteint alors une épaisseur maximale de ±5,35 m, ce qui en fait l'un des plus larges des édifices castraux de la Franche‑Comté. Outre cette découverte atypique et unique, la chambre de tir qui est contemporaine des constructions les plus anciennes (probablement XIIIe siècle), subit d'importants aménagements à l'Époque moderne. Ainsi, le mur interne est percé d'un accès sans feuillure pour desservir un escalier hélicoïdal. Au moins cinq marches sont en place et accessibles de la cour par une porte partiellement visible dans la coupe. Ces constructions sont installées autour du XVIe et du XVIIe siècle. Elles sont contemporaines de la petite salle semi‑enterrée à l'extrémité nord de la chambre de tir. Cette dernière, potentiellement accessible depuis le nord, est alors transformée, puisque cet accès nord est supprimé au profit de la salle basse. Cette transformation modifie le sens de circulation et la fonction de cette zone de la chambre. Quelques bribes d'enduit avec une forte teneur en terre cuite permettent d'envisager l'hypothèse de l'installation d'une poudrière plus que celle d'une citerne. Cette hypothèse est fondée par des analogies faites avec les châteaux de Château‑Chalon et de Scey. Enfin, la fouille 2016 livre une grande partie du tracé de la tour circulaire nord‑ouest. Deux datations archéométriques par le radiocarbone ont été engagées sur deux mortiers extraits du mur 18 et du mur 10. Les résultats du mur 10 livrent un intervalle excessivement ample même s'ils confirment les dates établies par l'étude archéologique et architecturale (fin du XVe et du XVIe siècle). Les résultats des datations du mur 18 sont un échec puisque le radiocarbone place sa construction au Bronze final ! Vescles, château d'Oliferne : La fouille 2016 a permis de traiter une petite tour flanquée à l'enceinte ouest de la basse-cour. Seules quelques maçonneries permettaient d'en dresser le plan, identifié comme pentagonal. Les investigations mettent en évidence une tour trapézoïdale là où, avant, les quelques maçonneries visibles faisaient penser à un plan pentagonal. C'est une tour ouverte, le flanc sud n'est pas totalement fermé et contrairement à la tour ouverte étudiée en 2014, elle n'est pas ouverte à la gorge. Le petit édifice ne comporte ni structure de défense ni structure de confort. Seul un ressaut externe évoque la présence d'un chemin de ronde difficilement restituable contrairement à la tour pleine examinée en 2012. La fouille témoigne d'une stratification parfaitement identique à la tour ouverte de 2014. Un premier niveau de circulation est perceptible par sa couche de préparation et quelques dalles non récupérées. Elle recouvre un comblement de gravats pour le nivellement interne. La couche de démolition produite par le démantèlement de 1592 recouvre directement le sol, daté par la céramique et une monnaie frappée en 1339. Durant les XVIIe‑XVIIIe siècles, une occupation s'installe dans la tour et elle supprime une partie de la démolition. Le flanc sud est obturé par la construction d'un mur pourvu d'une ouverture. Un escalier droit rudimentaire y est installé. Le sol est très sommaire même si une détérioration produite par l'effondrement des murs périphériques est à prendre en compte. La couche d'humus associée à la ruinification lente se forme directement sur le dallage grossier. Ces deux opérations menées au sein de la même prospection thématique tendent vers des problématiques quelque peu divergentes en raison de la nature des découvertes et des différences dans les orientations des projets de valorisations patrimoniales. Si la circulation dans les châteaux reste le thème privilégié à Chaux‑des‑Crotenay, ce n'est plus exactement le cas pour Vescles. En revanche, pour les deux châteaux, la problématique de l'architecture castrale comtoise reste une question essentielle. Les découvertes faites et consolidées ont un écho de plus en plus favorable au sein des populations locales et régionales. En effet, les visites organisées sont un succès et elles récompensent le travail de mise en valeur réalisé par des bénévoles.
Mots-clés (sujet)
Mots-clés (période)
Mots-clés (géographie)Franche-Comté, Jura, Chaux-des-Crotenay

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Référence bibliographique

Guyot 2016 : GUYOT (Stéphane) dir. — L'architecture castrale. Deux édifices du Jura : Chaux-des-Crotenay, front d'entrée du château Champ-des-Mottes, et Vescles, la courtine et la tour ouverte ouest de la basse-cour du château d'Oliferne. Rapport de fouille archéologique programmée, Eveha-SGInvestigations Archéologiques/UMR 7044. Limoges : Éveha, 2016.