Notice

Auteur(s) Yannick TEYSSONNEYRE
Date de publication2015
Titre complet de la publicationSaint-Loup-de-Varennes (71), « La Corvée de Lux », Tranche 1. Périphéries de sites de plusieurs occupations datées entre le Néolithique final et le IV e s. de notre ère
Type de publicationRapport
ÉditeurÉveha
Nombre de volumes3
Langue du documentfrançais
RésuméLes fouilles menées sur le site de La Corvée de Lux à Saint-Loup-de-Varennes ont été réalisées par le bureau d'études Éveha dans le cadre du projet d'aménagement de logements sociaux porté par la SEM Val de Bourgogne. Les investigations archéologiques ont permis de mettre au jour plusieurs occupations datant respectivement du Néolithique-final, de l'âge du Bronze, du premier âge du Fer et plus particulièrement du second âge du Fer, ainsi que de la période gallo-romaine (Haut et Bas-Empire). Le site étudié se trouve sur la rive droite de la Saône, à la hauteur de Saint-Loup-de-Varennes, dans la partie sud du territoire éduen à 7 km au sud-est de Châlon-sur- Saône et à 1,5 km à l'ouest de la Saône. Encadré par la voie d'Agrippa et l'axe fluvial que forme la Saône avec notamment le site du Gué du Port Guillot, l’emprise étudiée est située dans l'aire d'influence immédiate de Cabillonum, tenue pour être l'un des plus grands centres commerciaux et portuaires du territoire éduen. Attestées entre le Néolithique moyen et le Bronze ancien (4000-2000 av. J.-C.), les premières traces d'occupation sont principalement illustrées non seulement par quelques structures en creux de type fosses, mais aussi et surtout par des fosses en forme de « Y, V ou U » souvent interprétées comme des pièges. L'occupation circonscrite au Bronze final (1350-1150 av. J.-C.) se développe sur l’ensemble du site, de part et d'autre d'une ravine aménagée par des sillons drainants traversant le site du sud-ouest au nord-est de l'emprise. Bien érodés, les nombreuses fosses, silos convertis en dépotoirs, et trous de poteau, formant parfois de petits édifices, témoignent d'un habitat relativement important et structuré. L’abondant corpus céramique mis au jour, associé à un lot d'objets métalliques parmi lesquels se trouvait une épée déposée au fond d'une fosse, renforce ce constat. Comme sur le site voisin de Sevrey, après un abandon de la zone, le site est réoccupé entre le Bronze final IIb et le Bronze final IIIa. L'occupation est alors principalement illustrée par diverses fosses et de nombreux silos principalement cantonnés au nord-ouest de l'emprise, tandis qu'au sud-est, relativement isolée, la périphérie d'une petite nécropole à crémation est installée. La structuration de l'espace semble bien marquée entre les vestiges de l'habitat et la zone funéraire. L'ensemble de ces constats plaide en faveur d'une amélioration climatique similaire à celle connue pour le Bronze final I. Bien qu'ils ne soient pas conservés, des fragments de cloisons en terre brulée, mis au jour au sein de dépotoirs, attestent la présence d'un habitat in situ ainsi que son probable démantèlement. Il semble que la ravine connaît également, lors de cette phase de l'occupation, l'aménagement d'un sillon drainant protégeant des eaux de ruissellement la partie nord-ouest de l'emprise Après un nouvel abandon, probablement imputable à la péjoration climatique du XI e s. avant notre ère qui entraîne la formation d'un important talweg traversant le site du sud-ouest au nord-est de l'emprise, la quatrième phase de l'occupation est datée du Hallstatt C2-D1 (700-550 avant notre ère). Au cours de cette phase, le talweg concentre des écoulements hydriques particulièrement dynamiques. L'occupation est alors matérialisée par des édifices associés à des dépotoirs domestiques principalement implantés au bord d'un petit ruisseau s'écoulant au sein du talweg. La parcelle n'est réellement réoccupée qu'à partir de La Tène D1 (vers 150 av. J.-C). À cette époque, une série d'enclos se développant au-delà des limites de fouilles, structure alors l'espace desservi pour partie par un large chemin creux traversant le site d'ouest en est. L'occupation prend la forme de petits édifices sur poteaux, identifiables, pour l'essentiel, à des greniers ou des remises et plus rarement à de l’habitat. L’installation d’aménagements drainants (fossé et mare) révèle une véritable volonté d’assainissement et de mise en valeur du terrain. Les zones humides restantes font alors l'objet d'installations de puits à eau. La quantité d’amphores mise au jour dans les fossés plaide en faveur d’occupants jouissant d'un niveau de vie plutôt élevé. La mise en évidence d'un dépôt monétaire renforce ce constat. On signalera également la découverte d'un crâne et d'une calotte crânienne présentant des marques de découpes dans des fossés, ou juste à côté. L'implantation d'édifices en marge des enclos se dotant parfois de palissades témoigne de la lente évolution de ce «complexe rural laténien » qui se poursuit sans hiatus jusqu'à la période romaine. L’évolution du domaine est surtout visible au travers de la rénovation du chemin qui est désormais empierré. Il pourrait être relié à la grande voie romaine dite d'Agrippa (qui se confond avec l'actuelle nationale N6 dans le secteur qui nous occupe) et à la Saône. L'habitat, toujours délimité par des enclos, se dote d'une vigne d'agrément ainsi que de plusieurs puits. Cet ensemble pourrait être lu comme la périphérie d'une pars rustica, dont l'établissement domanial reste à rechercher. La parcelle et la voie continuent d'être entretenues jusqu'au IV e siècle, puis le site périclite et laisse place à des champs. Les vestiges observés sur le site de La Corvée de Lux à Saint-Loup-de-Varennes permettent à l’évidence d’envisager, toutes périodes confondues, une étendue du site plus importante que celle appréhendée par la fouille. Si l’apport des données de terrain permet d’apporter, à bien des égards, un nouvel éclairage sur les occupations entraperçues, l’identification de ces différents ensembles demeure cependant délicate.
Mots-clés (sujet)Structure funéraire, voirie, habitat rural, villa, bâtiment agricole, structure agraire, foyer, fosse, sépulture, artisanat, industrie lithique, céramique, restes végétaux, faune, objet métallique, parure, verre
Mots-clés (période)Néolithique final, âge du Bronze (Bronze ancien, Bronze final I-Bronze final IIb, Bronze final IIIa), premier âge du Fer (Hallsatt C2-D1), second âge du Fer (La Tène D), période Gallo-romaine (Haut et Bas- Empire)
Mots-clés (géographie)Bourgogne, Saône-et-Loire, Saint-Loup-de-Varennes

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Référence bibliographique

Teyssonneyre 2015 : TEYSSONNEYRE (Yannick) — Saint-Loup-de-Varennes (71), « La Corvée de Lux », Tranche 1. Périphéries de sites de plusieurs occupations datées entre le Néolithique final et le IV e s. de notre ère. Rapport final d'opération archéologique, Service régional de l'Archéologie de Bourgogne. Limoges : Éveha, 2015. 3 vol.