Notice

Auteur(s) Isabelle CAILLOT
Date de publication2015
Titre complet de la publicationChambly (60), Rue de la Motte
Type de publicationRapport
ÉditeurÉveha
Nombre de volumes1
Langue du documentfrançais
RésuméLes fouilles menées sur le site de la « rue de la Motte » à Chambly (Oise) interviennent dans le cadre du projet d’aménagement d’un lotissement. Localisé sur la rive gauche de la rivière Esches, le site se trouve au nord-ouest de la ville de Chambly, au lieu-dit « fief Lamotte », bordé au nord-est par le ruisseau du Coisnon et au nord-ouest par le lieu-dit « les Marais ». Il occupe le fond de vallée secondaire, dans une zone où la nappe phréatique est très haute. Malgré le nombre réduit de structures, l'occupation s'étend sur une longue période (Antiquité-période moderne), marquée par des épisodes d'abandon. La première occupation, du site, plutôt ténue, semble correspondre à une activité (agricole?) gallo-romaine voir du haut Moyen-Âge, avec une série de fossés drainants dessinant un parcellaire dans le paysage. Les structures sont scellées par la formation d'un paléosol indiquant une transition depuis un milieu humide et saturé vers des conditions plus favorables. L'occupation reprend et s'intensifie aux XI-XII e siècles : une forte pression est exercée par l'homme sur le milieu avec le creusement sans cesse renouvelé de fossés de drainage. Quelques trous de poteau et grandes fosses ont été rattachés à cette occupation et sont regroupés sur la partie sud du site en direction de Chambly. Le paysage se transforme radicalement dès le XII e siècle avec la construction de bâtiments maçonnés couverts de tuiles, de latrines et d'un puits. La formation d'un niveau anthropisé en surface sur une dizaine de centimètres, témoigne d'une fréquentation de la zone en contexte sec. Un bâtiment quadrangulaire à l'architecture mixte (maçonnerie et ossature bois) a été mis au jour bien que très arasé, son caractère résidentiel est induit par la présence de latrines maçonnées. Cet élément de confort traduit un statut privilégié des occupants aux XII-XIII e siècles, ce que confirme la richesse du spectre faunique rencontrée lors de l'étude des rejets. Un second bâtiment prend place au nord-ouest, probablement dans le courant du XIII e siècle. De plan quadrangulaire, il est formé d'épaisses fondations pouvant matérialiser l'emplacement d'une tour rectangulaire. Dès le décapage du site, le tracé courbe d'un imposant fossé est apparu. Ces douves mesurent de 6 à 8 m de large pour près de 2 m de profondeur. La présence d'une levée de terre interne a également pu être observée, elle complète ce dispositif encerclant la zone bâtie délimitant ainsi une plateforme circulaire dont la superficie restituée serait de 3300 m2. Une interruption de 7 m de large a été observée dans la levée de terre et semble correspondre à un dispositif de franchissement sur pieux mis au jour dans les douves. La datation retenue pour la mise en œuvre de la passerelle est au plus tôt au milieu du XIV e siècle. Le comblement des douves a livré du mobilier céramique datant également du XIV e siècle. L'étude du mobilier métallique a permis de constater une forte homogénéité chronologique des objets étudiés, autour de 1250-1350. Le statut particulier des occupants est caractérisé pour cette période par du mobilier relevant du domaine militaro-équestre. Au XIV e siècle, l'ensemble des vestiges bâtis de la plate-forme est rasé. Les bâtiments sont démolis et massivement récupérés effaçant toute trace d'occupation. Les rapides fortifications (fossé/levée de terre) n'auront pas suffi à protéger la place qui est dès lors abandonnée. L'abandon du site intervient en pleine guerre de Cent ans. Il est tentant d'établir une corrélation entre la destruction massive et un élément marquant pour cette région du Beauvaisis : la Grande Jacquerie (1358).
Mots-clés (sujet)Habitat fortifié, espace rural, fossé parcellaire, céramique, TCA, métal, bois, lapidaire, faune
Mots-clés (période)Époques médiévale et moderne
Mots-clés (géographie)Picardie, Oise, Chambly

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Référence bibliographique

Caillot 2015 : CAILLOT (Isabelle) — Chambly (60), Rue de la Motte. Rapport final d'opération archéologique, Service régional de l'Archéologie de Picardie. Limoges : Éveha, 2015.