Notice

Auteur(s) Thierry ARGANT, Simon LEMAÎTRE
Date de publication2015
Titre complet de la publicationLa Mure (38), La Roche (Pré Lambert)
Type de publicationRapport
ÉditeurÉveha
Nombre de volumes2
Langue du documentfrançais
RésuméEn préalable à la réalisation du dernier tronçon du contournement de La Mure, entre la D.116 et le boulevard du Stade, un diagnostic archéologique a révélé des indices précis de la présence d'un site de l'âge du Bronze, au lieu-dit la Roche, sur le flanc d'une colline morainique située au sortir des gorges de la Jonche, à 875 m d'altitude (Isnard 2014). Le site est implanté sur une poche de limon formant un léger replat à l'est d'une parcelle accusant une pente orientée au nord-ouest. Cette poche s'est formée par accumulation de sédiments fins dans une dépression creusée lors d'un épisode glaciaire en bordure d'un ravin creusé dans une moraine antérieure, riche en gros blocs et peu favorable à l'implantation de structures en creux. La fouille a permis de mettre au jour une cinquantaine de faits archéologiques, consistant pour l'essentiel en structures en creux, dessinant plusieurs ensembles. Fréquentation mésolithique : Un premier groupe de huit structures peu évidentes est localisé au nord de la parcelle, en contrebas et à l'écart du reste du site sur une petite zone limoneuse. Une datation par radiocarbone sur un charbon prélevé dans l'une d'elle semble indiquer une occupation très précoce vers 8800 ± 40 BP (Beta-403374). Cette datation ancienne doit cependant être considérée avec précaution étant donné la présence de trois tessons de céramique dans le même secteur. Il n'est néanmoins pas surprenant d'envisager une fréquentation du plateau à cette période, au vu de la proximité de l'important site mésolithique de Sinard, localisé à moins de 12 km à vol d'oiseau, derrière le Senépy (Ozanne et al. 2004). Occupation néolithique : Un second ensemble de structures hétérogènes, cette fois-ci au sud du site, comprend entre autres trois chablis. Leur présence signale un défrichement potentiel du secteur aux alentours de 6160 ± 30 BP (Beta-403369). Un dernier groupe de deux fosses et deux silos est enfin daté de 4180 ± 30 BP (Beta-403372) et 4155 ± 35 (Lyon-11937 (GrA)), correspondant à une fréquentation du site pendant le Néolithique final. L'un des silos, d'un volume supérieur à 150 litres, apparaît comblé par les restes d'une structure foyère, remployant entre autre une meule dormante et sa molette. Un habitat de l'âge du Bronze ancien : Néanmoins ces éléments s'avèrent bien anecdotiques par rapport à l'ensemble principal, composé de 26 structures, dont 23 trous de poteaux, deux empierrements et un foyer, immédiatement au sud des fosses du néolithique final et recouvrant un silo. Ces structures définissent le plan d'un bâtiment d'habitation à architecture bois, qui se développe au centre du petit replat déterminé par la poche limoneuse. Cette maison présente un plan quadrangulaire, légèrement trapézoïdal et se développe sur 10 mètres de longueur pour 3 à 4 mètres de largeur, soit sur une surface d'environ 35 m2. Une partie principale au sud-est, d'environ 20 à 25 m2, se caractérise par des poteaux bien visibles en fouille, ainsi que la présence d'aménagements domestiques et d'un alignement de plusieurs poteaux sur une ligne centrale dans la longueur, lesquels devait soutenir le faîtage de la charpente. Dans le prolongement nord-ouest, une seconde partie plus modeste occupe environ 10 à 12 m2 avec une implantation plus légère qui s'est révélée beaucoup plus difficiles à lire sur le terrain, et qui pourrait constituer un simple appentis. Sur la façade sud-ouest de la pièce principale, une entrée se manifeste par deux poteaux rapprochés ainsi que la présence de plusieurs empierrements. A l'intérieur, un foyer occupe une position centrale dans la pièce, face à l'entrée. Plusieurs datations par radiocarbone ont été effectuées sur les structures du bâtiment. Les résultats obtenus s'échelonnent entre 2340 et 1921 avant J.-C. (dates calibrées ; Beta 403370 et 403371, Lyon 11936 et 11938 (GrA)), soit au début de l'âge du Bronze ancien. Cette période est inédite pour le secteur du Matheysin, et il faut chercher loin pour trouver des comparaisons. Ce type de bâtiment présente ainsi des similitudes avec ceux mis au jour sur le tracé du boulevard périphérique nord de Lyon. A l'extérieur de la maison, sur son flanc sud, quelques structures périphériques peuvent encore lui être rattachées, ainsi qu'une zone d'épandage de mobilier, correspondant probablement à un dépotoir domestique. Le mobilier associé à ces occupations est malheureusement peut caractéristique et comprend un lot de 483 tessons de céramique et une vingtaine de pièces de silex.
Mots-clés (sujet)Habitat rural, trou de poteau, silo, moraine
Mots-clés (période)Néolithique ancien, Néolithique final, âge du Bronze ancien, Second âge du Fer
Mots-clés (géographie)Rhône-Alpes, Isère, La Mure, La Roche

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Référence bibliographique

Argant, Lemaître 2015 : ARGANT (Thierry), LEMAÎTRE (Simon) — La Mure (38), La Roche (Pré Lambert). Rapport final d'opération archéologique, Service régional de l'Archéologie de Rhône-Alpes. Limoges : Éveha, 2015. 2 vol.